Restauration d’un Shakuhachi de maître.

J’ai eu la chance récemment de faire l’acquisition d’un Shakuhachi d’un maitre fabricant de renom, Tamai Chikusen.

Ce fabricant dont je n’ai que peu d’informations sur la vie est très réputé; la plupart des plus grands fabricants actuels ce sont formés auprès de lui (Takeharu,Kinya Sogawa,Yamaguchi Shugetsu,Tom Deaver…)

Ce ji-ari 1.8 était tout de même bien éclaté sur toute la partie supérieure et présentait aussi des fentes sur la partie inférieure. C’est donc avec honneur et respect que j’ai pris mon temps pour réparer ce bel instrument avec des ligatures en finitions rotin filé. Je suis content de réussir à réparer même de telles fentes (environ 5mm de large) sans utiliser la moindre colle !

Ce très beau shakuhachi m’a donc remercié de sa belle voix puissante et timbré qui s’exprime à nouveau.
Je me garde cet instrument pour l’instant car il me permet de comparer avec mon travail actuel sur les ji-ari et me sert aussi d’étalon de référence.

Secrets d’atelier…

Voici un bel exemple de ce qu’un facteur de shakuhachi peut s’amuser à faire dans son atelier !
Il est parfois bon de se lancer des défis, ce que j’ai fait en voulant rallonger un bambou qui promettait un beau ji-ari 2.4 en La mais à qui il manquait quelques centimètre pour ajuster autant la longueur que la disposition des trous…

J’avais plus ou moins deviné que cela pouvait se faire parfois en observant des flutes restaurées de cette manière et j’en ai eu la confirmation auprès de Takahashi sensei qui à tout de suite deviné de quoi il s’agissait en voyant ce shakuhachi en cours de fabrication que je lui avait amené à Tokyo !
Certains utilisent aussi cette technique pour réaligner l’utaguchi avec les trous de jeu.

Voici donc le procédé en photos :

Il s’agit plus ou moins du même travail que pour un joint nakatsugi avec en premier lieu, insertion d’un hoso en bambou puis un deuxième bambou d’un diamètre similaire à celui de la flute vient dessus puis ji et ponçage pour ajuster précisément le creux où viendra se loger le rotin qui fait la finition.

Ce beau ji-ari est toujours en cours de fabrication; disponible prochainement…

Réparation sur utaguchi

Voici quelques images des étapes de travail
sur le changement d’un insert kinko sur une flute restauré ce mois-ci :

Un autre remplacement d’insert Myoan réalisé en bois de cerf :

La rentrée Chikudo

Me voilà de retour au travail à l’atelier. Comme vous l’avez peut-être constaté, mon stock de shakuhachi disponibles à la vente s’est épuisé dans l’été…tant mieux !
Je vais donc fabriquer de nouveaux shakuhachi d’étude, de méditation, quelques ji-nashi et un beau ji-ari démarré au printemps que je souhaite finir ce mois-ci.
J’ai aussi un bon stock de flutes à restaurer dont les premières seront disponibles la semaine prochaine…

Voici quelques photos de ces shakuhachi en cours de restauration :

à suivre…

Shakuhachi Ji-ari Chikudo

Depuis près de deux ans maintenant, j’étudie la facture des ji-ari notamment grâce aux travaux de restauration sur de belles flutes qui m’ont été confiées. Mon objectif étant jusque là d’être capable de produire de bons ji-ari avec des bambous français.

Voici donc les deux dernier ji-ari que j’ai fabriqués et dont les résultats me satisfont grandement (le 1.8 est devenu ma flute principale !).

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Une restauration difficile…

Il s’agissait du dernier de la série des shakuhachi que j’avais ramené de Londres; une flute que m’avait confié Jose Vargas fabricant de shakuhachi à Madrid. Cette restauration représentait un bon challenge pour moi et m’a permis de savoir que même complètement éclaté, un shakuhachi est toujours réparable…

Voilà l’état de ce shakuhachi (un ji-ari kinko 2.6 de belle facture) lorsqu’on me l’a confié :

Après une longue étuve de plusieurs jours, la fente était passée de 6mm à 2mm mais pas encore complètement refermée; j’ai donc utilisé des colliers de serrage qui m’ont permis de refermer encore un peu plus avant ligaturage.

Finalement, je n’ai pas pu réduire la fente à moins d’1mm sur les parties les plus ouvertes; ce qu’il reste à été infiltré de colle. Il m’a fallu aussi retravailler le joint qui avait été complètement déformé, reboucher les éclats de ji et laque dans la perce puis le laquer de nouveau entièrement.

C’est vraiment un grand plaisir pour moi que de pouvoir redonner sa voix à un beau shakuhachi; une manière d’honorer le travail de son fabriquant.

Lors d’une prochaine restauration de cette ampleur, j’espère pouvoir réussir à refermer complètement les fentes…

Bodhidharma

J’ai eu le plaisir ce mois-ci d’accueillir un gardien dans mon atelier :

sculpture bambou bodhidharma

Je suis fasciné depuis un moment par ces sculptures en bambou fabriquées dans différents pays d’Asie; j’ai donc fini par me faire ce beau cadeau que j’ai trouvé auprès d’un antiquaire américain.
Il s’agit d’une sculpture chinoise (visiblement assez ancienne au vu de la teinte) dans une très belle racine de Moso (Ph. Edeulis) représentant le fameux moine Bodhidharma (Daruma en japonais) initiateur du bouddhisme Chan au 6ème siècle en Chine qui deviendra le Zen au Japon.

Pour en savoir plus sur l’histoire de Bodhidharma

Il a naturellement trouvé sa place dans un coin de mon atelier et veille à présent sur mon travail !

Travail de l’argent

Ce mois-ci, j’ai pu faire mes premiers pas dans le travail de l’argent grâce à la rencontre de Benjamin Boulay artisan bijoutier de Figeac.

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Restaurations automnales

J’ai avancé peu à peu sur les travaux de restaurations des shakuhachi qui m’ont été confiés cet été aux rencontres de Londres.

Voici trois des beaux shakuhachi à qui j’ai eu l’honneur de redonner leur voix !

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Prochains travaux de restauration à l’atelier

Je suis rentré de Londres avec 5 shakuhachi à restaurer…

Certains de ces travaux sont raisonnables, d’autres plus délicats avec notamment des demandes pour des ligatures traditionnelles incrustées avec le rotin en finition; et l’une d’entre elles représente un vrai challenge…!

1 Tozan (inconnu), 2 Tom Deaver – Une vieille Kinko (Nampo Shozan) – une autre kinko assez agée.

J’avais en effet pressenti depuis quelques temps qu’il y avait un réel besoin de services de réparations en Europe ce qui m’a incité à l’étudier depuis un an;
Et sans en faire vraiment la promotion à Londres, je me retrouve déjà avec beaucoup de demandes…

Dans les mois à venir, les travaux de restaurations devraient représenter la moitié de mon temps de travail; ce sera forcemment un peu au détriment de la fabrication mais c’est aussi pour moi un très bon moyen d’étudier la facture des Ji-ari de différents fabricants et différentes époques.