Une restauration difficile…

Il s’agissait du dernier de la série des shakuhachi que j’avais ramené de Londres; une flute que m’avait confié Jose Vargas fabricant de shakuhachi à Madrid. Cette restauration représentait un bon challenge pour moi et m’a permis de savoir que même complètement éclaté, un shakuhachi est toujours réparable…

Voilà l’état de ce shakuhachi (un ji-ari kinko 2.6 de belle facture) lorsqu’on me l’a confié :

Après une longue étuve de plusieurs jours, la fente était passée de 6mm à 2mm mais pas encore complètement refermée; j’ai donc utilisé des colliers de serrage qui m’ont permis de refermer encore un peu plus avant ligaturage.

Finalement, je n’ai pas pu réduire la fente à moins d’1mm sur les parties les plus ouvertes; ce qu’il reste à été infiltré de colle. Il m’a fallu aussi retravailler le joint qui avait été complètement déformé, reboucher les éclats de ji et laque dans la perce puis le laquer de nouveau entièrement.

C’est vraiment un grand plaisir pour moi que de pouvoir redonner sa voix à un beau shakuhachi; une manière d’honorer le travail de son fabriquant.

Lors d’une prochaine restauration de cette ampleur, j’espère pouvoir réussir à refermer complètement les fentes…